« A la conquête de l’homme rouge », roman

  1. 01. « A la conquête de l’homme rouge », roman

    « A la conquête de l’homme rouge » est le titre de mon nouveau livre, un roman paru aux éditions Anne Carrière le 30 août (et en anglais aux éditions Wrecking Ball Press en janvier 2020).

    « Un roman (dé)culotté qui s’attaque à la lutte des classes par la braguette. C’est drôlatique, gonflé, parfois complètement déjanté. Ce n’est pas Le Capital mais c’est assez révolutionnaire dans son genre », écrit Patrick Williams dans « Elle » daté du 11 octobre 2019.

    Le pitch : Par amour pour un beau gauchiste, Corinne Zed décide de s’engauchiser ; dorénavant, elle sera blanche dedans et rouge dehors, comme une fraise Tagada. Ce ne sera pas facile car elle adore le champagne et les bonnes choses, autant de tentations épicuriennes irrésistibles qui constituent des obstacles sur la route de la révolution. Peut-on boire l’apéro sur les barricades ?

    Son prix est de 17 euros : clin d’oeil, bien sûr, à la révolution russe.

    Prochain média : RTS, la 1ere, « Entre nous soit dit », avec Melanie Croubalian, diffusion à 20h le vendredi 4 octobre. Prochaine rencontre : Librairie le Porte-Plume, 78 rue Georges Clemenceau, 35 400 Saint-Malo, le vendredi 18 octobre à 18 heures. Il y aura de bonnes choses à boire et, si vous n’êtes pas sages, il y aura aussi des barricades. Promis !

    Ce livre est estampillé « zéro premier degré » par la Ligue de l’Humour. Il est garanti sans émission de gaz toxique BSM (bons sentiments et mièvreries) par le Ministère de la Santé Mentale.

    L’auteure est certifiée sans antécédents antisémites par le Beth Din de Paris, ce qui d’une certaine manière est dommage car l’antisémitisme constitue depuis peu un moyen original de lancer un livre.

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  2. 02. No dogs, no cats

    Nos animaux domestiques détruisent la nature et biodiversité. Non seulement ils tuent d’autres espèces, mais ils dévastent des habitats, modifient des territoires. La France est championne du monde des animaux de compagnie (encore une preuve, si besoin était, que la France s’ennuie) : 13,5 millions de chats, 7 millions de chiens. Chaque année, ils consomment 1,2 tonne de produits alimentaires. Ils génèrent des milliers de tonnes de déchets. Un chien consomme en moyenne 164 kg de viande par an ; la nourriture carnée des animaux de compagnie est responsable de l’émission de 64 millions de tonnes de CO2 tous les ans dans le monde. Des études mettent en garde : les animaux de compagnie, ça suffit. Votre chat se barre, votre chien meurt ? Ne le remplacez pas. Avoir des copains c’est quand même plus sympa que de nourrir un animal sale (je parle du chien), stupide, qui vous boulotte sans vergogne si vous tombez dans le coma chez vous (ben oui, ça arrive à des gens très bien, comme disait ma grand-mère).

    Une pétition demande l’instauration d’un bonus-malus sur la possession de chien et de chat : on la signe maintenant.

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  3. 03. #nosmartphone

    Je n’aime pas les smartphones. C’est d’abord par flemme que je n’en ai jamais acheté, je déteste apprendre à utiliser de nouveaux gadgets. Et puis, ça a été par radinerie. Enfin, ça a été par éthique personnelle. Ces gizmos sont fabriqués par des esclaves et pillent des ressources rares ; sur les 1,4 milliards qui se vendent tous les ans dans le monde, bien peu sont recyclés. Bref, c’est de la merde au carré. D’autant que c’est aussi l’utilisateur qu’ils réduisent en esclavage : rien n’est plus laid qu’une personne scotchée à son écran comme si sa vie en dépendait. Savez-vous que l’usage du smartphone donne des rides ? L’industrie cosmétique est déjà sur le pont et propose des rollers lissant pour lutter contre la « tech neck », le cou techno.

    Quand je brandis mon cri de guerre « mort aux smartphones », peu nombreux sont ceux qui m’emboitent le pas. « Mais comment tu fais? » est la réaction la plus courante. Il y a des gens que cela agace. « C’est un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre », m’a lancé quelqu’un. Bien vu : beaucoup de tycoons de la Silicon Valley n’en ont pas. Pas fous, ils n’ont pas envie d’avoir un fil à la patte et d’être pisté partout. Décider de se passer de quelque chose, de « ne pas » faire, ne pas acheter, est une forme de luxe ; être « nepaïste », c’est la classe. La non-consommation est-elle une nouvelle forme de différenciation sociale ? La frime nouvelle manière est née, et elle gagne du terrain car les ventes de smartphone sont en baisse et les perspectives d’avenir sont mauvaises. Bonne nouvelle !

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  4. 04. ringard?

    C’est fou le nombre de mots ou d’expressions qu’on n’utilise plus ! Je parle des mots d’avant, ceux qu’utilisent encore nos parents ou nos grands-parents. Les mots qui datent quelqu’un au carbone 14. Rien que « zut », par exemple, est tombé au champ d’honneur de la langue. Des expressions comme « elle est habillée comme l’as de pique », « il se met la rate au court-bouillon », « il est bête à manger du foin », « elle baille à s’en décrocher la mâchoire », ont fait leurs adieux. A condition de ne pas le dire trop fort il nous est encore possible de voir midi à sa porte, de mener une vie de bâton de chaise et d’avoir les yeux plus gros que le ventre en attendant de manger les pissenlits par la racine. Car on n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace, ah mais !

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  5. 05. Eléments de jargon

    J’adore le jargon, je le déguste comme du petit lait. De passage à Cahors, je passe devant un chantier, et là coup de bol, j’avise des panneaux en langue de bois. Je me précipite pour prendre des notes. Le bâtiment en construction, un cinéma, sera bien entendu « un lieu de vie » (forcément puisque seuls les cimetières sont des lieux de mort) et s’inscrira dans « une démarche d’interactions sociales » (a-t-on déjà revendiqué « une démarche de ghettoisation » ?) afin que les usagers « s’approprient l’espace » (ce serait étonnant qu’ils se le désapproprient en s’envolant). Il est précisé : « Cet élément de couture urbaine sera structurant du point de vue urbain et réinterprétera la morphologie de la place en dialoguant avec la ville ». Magnifique ! Mais ce n’est pas tout ! On nous promet de la « fluidité » ! De la « volumétrie optimisée » ! Des « équipements structurants » ! Une « nouvelle écriture urbaine » ! Un « bâtiment fédérateur » !
    J’ai assez ri, je m’en vais déguster un cassoulet. Et ça c’est digeste.
    nb : Cahors est une ville située dans le Sud-Ouest de la France, les habitants s’appellent les Cadurciens ; Cahors = cassoulet, foie gras, confit de canard, cou farci, etc.

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  6. 06. La France en gilets jaunes

    Il s’en passe des choses en France ! Moi qui l’aime dépeignée et foutraque, je suis servie. Le lecteur ami se souvient peut-être qu’il y a quelques années j’ai écrit un livre, « Tchao la France », pour inciter les forces vives du pays à la quitter (ce qu’elles font, du reste). Mais comme il a l’air de passer enfin quelque chose, moi je vais peut-être rentrer. Auparavant il convient de faire le point : qu’est-ce que la France ? De nombreux ouvrages intéressants explorent cette grave question. D’abord de manière sportive, comme Lionel Daudet dans « Le Tour de la France, exactement » (Stock, 2014). Il s’agit pour cet alpiniste de suivre le tracé de la frontière et du littoral à pieds, en vélo, en kayak. Ensuite de manière nautique, avec Pierre Patrolin, qui nous embarque dans une « Traversée de la France à la nage » (POL, 2012) pleine de charme. Son récit de voyage et d’aventure nous plonge au plus profond du paysage, avec lui on franchit des barrages, on dévale des rapides, on nage sous le sabot des vaches, on cueille des champignons sur les rives. Enfin on poursuit l’exploration nationale de manière pointilliste avec « Le Dépaysement« , de Jean-Claude Bailly (Seuil, 2011). L’auteur a parcouru le territoire et il a prélevé pour nous des vignettes nourries de flashs d’histoire et de clins d’oeil littéraires. Noms de lieux, noms de pays, noms de personnes, nom d’un chien on ne s’ennuie pas.
    La France mise à nu par ses écrivains, même. Francement… Comment résister ?

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  7. 07. Tic de langage

    Un jour j’ai été invitée à la radio. En rentrant chez moi, je constaté qu’un auditeur attentif m’avait écrit pour me dire : « en 45 minutes, vous avez dit 67 fois ‘en fait' ». Il avait raison. J’ai réalisé que je disais « en fait » tout le temps, en fait. J’ai d’abord tenté de me libérer du en fait qui parasite effectivement mes phrases. Puis en fait j’ai laissé tomber. A quoi bon ? Je me suis attachée à lui, le prononcer donne du poids à mes propos, il leste ma pensée, il m’enracine dans le concret. Tant qu’il habitera mon discours, j’ai la conviction qu’aucun autre intrus ne viendra s’y lover. Ne passera pas par ma bouche l’horrible « du coup« , qui s’est immmiscé partout et colonise la langue au point que de nombreuses locutions et conjonctions y sont portées disparues – mais où est donc ornicar ? Du coup, certains défenseurs du bien-parler sont partis en croisade pour mettre fin à cette contagion. Moi j’ai déjà pris langue avec en fait, du coup je dis non à du coup.

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  8. 08. Défendons notre plume, on s’est assez fait plumer !

    Les auteurs en colère s’organisent sous la forme de la toute nouvelle Ligue des Auteurs Professionnels. Il est temps de se mobiliser et de se défendre ! Il y a urgence car si le livre représente en France une filière dynamique de 80 000 personnes, les auteurs en sont les parents pauvres. Nous n’avons aucun statut, nous sommes de plus en plus pauvres, nous sommes victimes de rapport de faiblesse avec l’édition et nous subissons de plein fouet les conséquences néfastes de politiques inadaptées. On adhère tous, on soutient !

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  9. 09. Eléments de langage

    Trois adjectifs à la mode dont il est utile de se servir : je suis vigilant (attention, la merde va tomber), je suis lucide (je sais que la merde tombe) et je suis serein (elle va tomber sur d’autres que moi et de toute façon ce n’est pas ma faute). A utiliser sans modération pour ne pas être… emmerdé.

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  10. 10. #Auteursencolère, #payetonauteur : je soutiens et je participe

    Les auteurs français sont en colère : de moins en moins payés, de moins en moins protégés, de plus en ponctionnés : ça suffit. La réforme du statut social et la mise en place de la retenue à la source par le gouvernement français a mis le feu au poudre. Des Etats Généraux du Livre ont eu lieu à Paris en mai 2018 dernier et ont fait salle comble à la Maison de la Poésie à Paris. Le constat était unanime : la chaîne du livre en France fait vivre des milliers de personnes, éditeurs, libraires, fonctionnaires, agents de la culture – mais pas nous. Comme le rappelait Jean Rouaud dans un discours émouvant, « Lorsque nous sommes invités dans un salon du livre, la personne qui livre les fleurs est mieux payée que nous ». Lundi 9 juillet à Paris, dans les jardins du Palais Royal, a eu lieu l’enterrement du livre. Une pétition circule afin de soutenir les auteurs et de sauver le livre de demain. Signez-la ! En septembre est née la Ligue des Auteurs Professionnels : mobilisons-nous. Car pas de livre sans auteur-e-s.

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