Caviar Left

  1. 01. Caviar Left

    Caviar Left is my first novel. It is the story of Corinne Zed, a penniless bourgeoise who makes a meager living from writing, and who decides, at the age of 39, to add a little piquant to her life – and experience romantic passion at long last.What could possibly be more exciting than falling in love with a leftist who, in a previous life, planted bombs ? The problem is that Corinne loves to eat. Is Marxism compatible with champagne? Is revolution … edible? Always on the scout for her next great meal, Corinne experiences a breathtaking political-literary love story that takes her from Stendhal to Lenin and from Brussels to New York via Turin and Paris. Will her dreams be fulfilled ? Caviar Left is filled with nuggets of madness coupled with a generous dose of eroticism (and an oral sex scene that would make Marx turn red with shame). What better way to celebrate the centenary of the Russian revolution ? Humor, social satire and editorial cuisine come together in Caviar Left, soon to be released on Amazon.co.uk at the price of £9.17.

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  2. 02. Gauche Caviar

    Gauche caviar : mon nouveau livre
    Pour une fois, on ne se fait pas chier à gauche ! Gauche caviar, mon premier roman, évoque de manière décalée la révolution, et tout particulièrement la révolution russe. C’est une histoire d’amour déjantée entre une bourgeoise et un gauchiste, une traversée des classes sociales qui a lieu de Bruxelles à New York en passant par Paris et Turin. Corinne Zed, mon héroïne, est très gauche caviar : lecteur, tu vas adorer la détester. Elle se pose des questions essentielles : est-il raisonnable de changer le monde à l’heure de se mettre à table ? La révolution est-elle… comestible, et sous quelle forme ? Comment faire une pipe à un communiste ? Ce texte politique et gastronomique est disponible sur Amazon le 25 octobre 2017 au prix de 9,17 euros. A vrai dire il est disponible dès le 24, car, comme à Noël, on commence à picoler la veille – il s’agit de fêter dignement les cent ans de la révolution russe. Pourquoi sur Amazon ? Parce que vive les circuits courts, directement de l’écrivain au lecteur. Gauche Caviar est également dispo en anglais sur Amazon à la même date sous le titre Caviar Left.

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  3. 03. Fais-moi de l’électricité (Joe Dassin)

    EDF me manque. Comme le lecteur le sait peut-être, j’y ai travaillé longtemps. J’ai adoré écrire des livres sur mon temps de travail – en temps masqué, pour utiliser l’expression d’une collègue surnommée Glandouillator. J’ai aimé collecter, avec la patience du collectionneur, les perles de jargon d’entreprise. J’en ai tiré des livres, comme Ma vie est un best-seller (en collaboration avec Aurélia Aurita), une bande dessinée consacrée à la vraie vie du bureautier en milieu électrique. Hélas tout ça, c’est fini. Ah, la langue du business… Heureusement pour moi, le nouveau Président de la République l’utilise : c’est process, helpers, back-up, staff, co-working, team-building à tous les étages. Ça me permet de rester en phase avec l’époque, merci Macron.
    A EDF, j’ai pris goût aux processus labyrinthiques de la non-décision. En effet, pourquoi se hâter lorsqu’on avance vers… L’échec. Le nouveau rapport sur l’état de l’industrie nucléaire mondiale 2017 vient d’être publié le 12 septembre 2017. Il est sans appel : le déclin est en cours et ne pourra être inversé. Le nombre de lancement de nouveaux projets de centrales atomiques est en dégringolade, la situation financière est catastrophique, le parc des réacteurs est de plus en plus obsolète et ruineux, le coût de revient du kwh nucléaire devient plus élevé que celui des énergies alternatives non-radioactives, l’incompétence technique et managériale plombe toute la filière…
    Je ne sais pas vous, mais perso, je n’aimerais pas habiter une maison proche d’une centrale. Interviewé récemment par un ami journaliste, un responsable du SNPI, syndicat de l’immobilier, s’exprimait sur la question et tenait des propos disruptifs, bien susceptibles de semer la panique dans les chaumières : « Habiter dans un rayon de 50 kilomètres autour d’une centrale nucléaire ? C’est noway pour un nombre croissant de d’acheteurs. Pour l’instant on manque de visibilité mais il va y avoir une remise à plat des prix sur tout le territoire, c’est obligé. C’est off, bien sûr ».
    EDF, quand même, c’est ma jeunesse, un peu comme les colonies de vacances pour certains. Et je dis merci du fond du cœur à ses dirigeants, qui m’ont filé un joli chèque pour que je m’en aille… Maintenant il y a prescription, alors je peux en parler. Cracher dans la soupe, parfois, ça rapporte. La salive est un irremplaçable fluide conducteur, et pas seulement pour rouler des pelles en dansant sur des slows des seventies !

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  4. 04. A propos des femmes-qui-ne-veulent-pas-d’enfant

    Toutes les semaines je reçois deux ou trois demandes d’interview sur le thème des femmes qui ne veulent pas d’enfant. Quel mystère, ces malheureuses qui refusent le bonheur ! Le fait que cela passionne autant témoigne de l’écrasante enfantophilie ambiante. Il semble que je sois devenue, aux yeux de la presse du monde entier, la spécialiste du domaine. Merci de ne plus me contacter, il existe déjà 45769 articles sur la question. J’ai une idée plus intéressante, pourquoi ne pas monter un magazine anti-enfant ? En Allemagne il existe bien un magazine anti-chien, Kot & Köter (caca canin), qui marche très bien.
    J’imagine déjà la couverture : une photo de l’enfant le plus laid du mois. A l’intérieur, plein de news passionnantes. Psycho : comment pourrir la vie de votre enfant afin qu’il quitte enfin la maison. Détente : les plans pour choisir des vacances strictement no-kid. Hit parade : les prénoms en vogue les plus tartes. Economie : le point sur la faillite de Toys « R » Us. Vie pratique : comment les éviter dans les trains. Gastronomie : cuisiner des plats que vos chères têtes blondes détestent. Dossier : les bébés élevés sans couche, scandale olfactif. Psy : les rapports enfants-parents, un ravage. Histoire : Jean-Jacques Rousseau a-t-il vraiment abandonné ses enfants ? Témoignage : ma vie sexuelle après l’épisiotomie. Interview : Michel Houellebecq est-il un bon père ? Lecture : revue Le Débat n°132, « L’Enfant-problème ».
    Me contacter très vite. Je serai disponible à partir de novembre pour monter ce mag’. Il s’appellera tout simplement Caca.

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  5. 05. Se rincer l’oeil

    D’abord visite du Tipi Bookshop, une librairie qui propose une belle sélection toujours renouvelée de livres auto-édités et un choix judicieux d’éditeurs indépendants. Au Tipi, on est toujours surpris. C’est à Bruxelles, Barrière de Saint-Gilles. Et puis, tant qu’à se rincer l’oeil, on se précipite à la vente aux enchères des mythiques portraits parisiens de la photographe Ewa Rudling : c’est le 19 septembre à Stockholm, et il est possible d’acheter en ligne. Ma photo préférée est celle de Henri Langlois, fondateur de la Cinémathèque française et parrain de la Nouvelle Vague. Ewa l’a saisi allongé sur un banc, où les dimensions d’ogre de son ventre le font ressembler à… Un oeil.

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  6. 06. Sauter une journée

    Ce matin, je me suis levée avec l’impression d’avoir un rhinocéros assis sur la poitrine. Chaleur, énervement, moustiques. Dans ce cas, mieux vaut sauter la journée, la sauter dans tous les sens du terme. D’abord j’ai regardé un film (emprunté à Vidéo Express, l’irremplaçable club DVD de Bruxelles) : « Do you remember revolution » de Loredana Bianconi (1997). C’est un documentaire qui filme quatre femmes, ex-brigadistes rouges ; elles parlent de leurs combats, de leurs objectifs, de leurs idéaux et de leurs doutes. Cette réflexion sur la violence est un témoignage sur des acteurs-trices de l’Histoire, un film sur les femmes engagées dans une résistance au pouvoir. L’une d’elles, Barbara Balzerani, a du reste écrit un livre, « Camarade Lune« , qui vient d’être traduit et publié en français aux éditions Cambourakis. (Si Cambourakis me lit, je le veux bien en service de presse, merci de bien vouloir me l’envoyer.)
    Et puis j’ai bouquiné au lit, « Les Cygnes de la Cinquième Avenue », de l’Américaine Melanie Benjamin (Albin Michel, 2017). Ce roman raconte l’histoire d’une amitié très particulière entre l’écrivain Truman Capote, dépeint en petit homme inspiré et grotesque, et une femme du monde raffinée, reine des élégances new-yorkaises dans les années 1950. Entre eux nait une alchimie fulgurante, complexe, hors norme : à la fin, qui trahira l’autre ? Ce portrait de la haute société nous éloigne de la lutte de classe – quoique, en y réfléchissant bien… Sous des dehors frivoles, le livre de Melanie Benjamin est plus rusé qu’il ne semble.
    Double bonne pioche et chouette journée, finalement.

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  7. 07. Trop n’est pas assez

    Bientôt la rentrée. Vite un peu de shopping, il le faut pour booster les chiffres de l’économie. Les centres commerciaux attirent de moins en moins de monde ? Pas grave, bientôt on pourra faire des courses dans toutes les gares. On kiffe ! La « rénovation » des gares parisiennes est en cours. Par exemple, la gare du Nord promet au voyageur, sous couvert de transformation de la gare en « lieu de vie », en « pôle d’échange dynamique » et de « rationalisation des flux de voyageurs », la création de 23000 m2 de nouveaux commerces. Le directeur de la filiale Gares et Connexion de la SNCF explique dans le Figaro : sur les 3000 gares françaises, seules 400 ont des boutiques, et « seulement 30 gagnent de l’argent », se désole-t-il. Une situation qui ne peut plus durer. Il est facile d’y remédier, pourquoi ne pas implanter des centres commerciaux dans les hopitaux, les ministères, les mairies, les crèches ? Tant qu’à aller chercher le consommateur là où il est est, pourquoi pas aussi dans les universités ? C’est dans les tuyaux. A Louvain-la-Neuve, en Belgique, ce sont 20000m2 de boutiques supplémentaires au coeur de la ville universitaire (30 à 40 000 étudiants) qui vont peut-être sortir de terre, malgré la forte opposition des habitants qui ne comprennent pas qu’on veut leur bien.
    Comme la vie sera belle, demain…

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  8. 08. Sur tes épaules

    Vous avez prévu quoi, demain ? La plage ? On s’en lasse vite. Moi je serai à la Gay Pride de Jérusalem. Comme j’ai mal aux pieds (non, c’est vrai), je cherche des épaules accueillantes sur lesquelles je pourrai me jucher. Toute personne intéressée peut me contacter avant demain midi, seulement 60 kilos à transporter. Attention, ne pas se tromper de lieu de rendez-vous, juste à côté il y aura une manifestation d’extrême-droite, autorisée à protester à plusieurs centaines de mètres du défilé. Le tout sous surveillance d’un lourd dispositif policier : ça ne se rate pas. D’autant que les membres de l’organisation extrémiste prévoient d’arborer des pancartes où l’on pourra lire « Ne leur donnez pas des enfants », en référence à la récente décision de la Cour suprême et aux manifestations concernant la réforme de l’adoption pour les couples de même sexe en Israël. En ce qui me concerne, les enfants, non merci. Je brandirai un exemplaire de mon livre « No Kid ». Je suis sûre que ça va les calmer. Ben voilà, il suffisait d’y penser !

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  9. 09. Corinne bouquine

    La plage, il fait trop chaud, alors autant rester couché et lire. Pour l’été, voici deux romans dans lesquels on tombe comme dans un puits :
    « Revolution », de Hilary Mantel (poche 2017) : seule une anglaise pouvait avoir l’audace de s’emparer de la révolution française pour en faire une fiction romanesque. Il fallait du souffle pour oser, mais cet écrivain a un sacré talent. Bien sûr, les structuralistes et les grincheux vont trouver que son approche psychologique centrée sur trois personnages (Danton, Desmoulins et Robespierre) est simplette, mais pourquoi bouder son plaisir ? C’est gouleyant, ça glisse tout seul. Et Mantel, pour se dédouaner, ne manque pas de mettre cette affirmation dans la bouche de Robespierre : « On ne serait jamais nés qu’il y aurait tout de même eu une révolution ».
    « Le fils » de Philipp Meyer (poche 2016) : une magnifique fresque romanesque américaine qui, a travers l’histoire d’une famille, raconte celle du Texas. Grande ambition, grand souffle, grande réussite. Un livre qu’on ne lâche pas et qu’on lit bride abattue, dans les grandes prairie où chevauchent les Comanches…
    L’été commence bien.

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  10. 10. Mes conseils beauté pour l’été

    Moi, pour aborder l’été en beauté, j’opte d’abord pour le collier « Pétasse ». Les filles, revendiquons ce que nous sommes ! J’ai aussi pensé au bracelet électronique spécial prison, vu à Marseille à la cheville d’un beau bad boy. Cela confère une véritable identité, un look inoubliable et une visibilité certaine. L’avantage : avec un tel accessoire, je ne risque pas de me faire embrouiller à la sortie d’une boîte : je suis hyper-dangerous. Autant devancer l’appel, car demain on aura tous un bracelet qui permettra de nous suivre à la trace. La preuve, certains centres hospitaliers en équipent déjà les bébés… Pour l’instant, seulement 11 000 personnes en France en sont équipés, alors c’est maintenant qu’il faut faire partie du club. Dans quelques années ce sera ringard, un peu comme les tatouages, qui donnaient un petit look rebelle il y a vingt ans.
    Voilà, c’est facile de marquer les esprits et son époque. Rendez-vous à la plage !

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© 2013 Corinne Maier

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