« Éditions Michalon, piège à… »
témoignages
Vous vous préparez à envoyer un manuscrit aux éditions Michalon ?
Imprudent, suspends ton geste et lis d'abord les témoignages qui suivent…
LES ANDOUILLES DE MICHALON

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Le dîner des cons des « éditions » Michalon a rassemblé une vingtaine de personnes le 30 mars 2010 à Paris. Comme les michalonnés sont nombreux ! Auteurs, directeurs de collection, investisseurs, tous ont été floués par une maison se prétendant « d’édition » dont la ligne d’action, depuis des années, a été de payer le moins possible ses collaborateurs et auteurs.
Il existe un plat bien français qui s’appelle « l’andouille à la michalon ». Voici la recette : prendre des gens naïfs qui croient à la parole de l’autre ; leur promettre beaucoup, toujours par oral ; presser les andouilles jusqu’à ce que tout le jus soit extrait ; laisser reposer longtemps ; mettre de côté en espérant que l’andouille ne proteste pas.
Justement, un certain nombre d’andouilles se rebellent. Les témoignages ci-dessous sur les méthodes des « éditions » Michalon sont implacables. Pour des raisons techniques, nous n’avons pu tout afficher, et nous nous excusons auprès des michalonnés qui ne retrouvent pas leur texte. Ce n’est que partie remise. La suite au prochain numéro. Et puis, nous avons beaucoup d’idées pour l’avenir, qui comme chacun sait dure longtemps… |
Sophie de Menthon, auteure (2007), chef d’entreprise et présidente du mouvement ETHIC
Je ne suis pas encore remise de l’escroquerie à la fois relationnelle et financière dont j’ai été victime ! J’ai publié chez Michalon : 15 idées simples pour ruiner la France (2007) pendant les dernières élections présidentielles. Depuis le début j’ai été menée en bateau : pas d’à-valoir alors qu’il était prévu dans le contrat, impossible d’avoir les chiffres de vente, une injoignable comptable qui essayait de se défiler très gênée de ne jamais tenir la moindre promesse, un Michalon plaintif qui ne prenait les appels que lorsque la colère menaçait, des mensonges répétés... Certes un chef d’entreprise peut connaître des difficultés mais un tel manque d’éthique est intolérable. Surtout, de quel droit peut-on, après une faillite qui a planté auteurs, fournisseurs et salariés recommencer sans vergogne ??? J’ai compatis, j’ai patienté et le résultat : PAS UN CENTIME DE VERSÉ pour 8000 exemplaires vendus (j’ai fini au bout d’un an par avoir les chiffres de vente !). Ce serait tout à l’honneur du syndicat de l’édition de réagir et de protéger les futurs auteurs grugés...
Iman Bassalah, auteure (2009)
Si j'ai réussi à me faire payer in extremis grâce à un avocat, j'ai subi un vrai harcèlement sournois :
« Mais Iman, vous n'êtes pas compréhensive, peut-être êtes-vous en dépression ?
Mais Iman, personne ne vit de sa plume, vous voulez rire, il faut nous soutenir en tant que maison indépendante.
Mais Iman, vous n'êtes pas patiente, nous on a vraiment aimé votre livre, vous ne nous le rendez pas. »
De plus, mon livre, Les femmes au miel, a été placardisé au point que les journalistes qui le réclamaient ne le recevaient pas, et que tous les articles obtenus dessus sont de mon propre fait (sauf un, au hasard des envois presse). Hélas, Michalon n'est pas le seul éditeur à mal agir avec impunité au nom de l'art !
Bruno Deléonet, auteur (2006)
Je suis co-auteur d’un ouvrage jeunesse illustré sorti en 2006, Nature rebelle. Tiré à 10 000 exemplaires, le livre n'a apparemment pas marché. Nous n'avons jamais reçu l'état annuel statutaire des ventes... Par ailleurs, à la demande orale des éditions Michalon, j'ai contribué au développement d'un concept de collection BD : trois mois de travail intense – non rémunéré évidemment –, des illustrateurs mis à contribution gracieusement pour des planches-test... Pour rien. Idée abandonnée, sans un seul mot d'explication, perdu dans la nature... Pour rien ? Enfin si : trois illustrateurs que j'estimais énormément et qui ne veulent plus entendre parler de moi ni de mes scénars de BD...
Bénédicte Desforges, auteure (2007)
Témoignage extrait de son blog, accessible à cette adresse.
Mon livre, Flic, chroniques de la police ordinaire, devenu un best-seller, a été publié chez Michalon en 2007. Pour la petite histoire – et parce que l’argent n’est pas une chose sale, sauf bien mal acquis qui ne profite jamais, et à moins de s’établir aux alentours de la place de l’Odéon – je peux dire sans me couvrir la tête de déchirures de papier, que j’ai touché mes droits d’auteur 2007. Mais cette somme loin d’être négligeable (à peu près deux ans de salaire de flic) a été très largement diminuée par les honoraires exorbitants d’un avocat spécialiste en droit de la propriété intellectuelle – catégorie pit-bull de sa profession – sans qui je n’aurais néanmoins rien récupéré du tout.
Quant aux droits d’auteur 2008 et suivants, à la question : « Mais où sont-ils ? » je vous laisse deviner la réponse. Et très profondément. Et ça fait pas que du bien, oh non... Je ne touche donc plus un kopeck depuis longtemps sur la vente de Flic, et tout auteur de bad-seller serait bien mal inspiré de clamer que j’ai quelque chose à vendre quand j’eus fait mon intéressante sur Internet ou ailleurs. Que dalle. Flic, c’est une paille, un mars et un voyage à Venise. Des clous, et merci les éditions Michalon ! Lequel Michalon racheté pour pas cher, s’est tout de même refait une santé et continue à éditer des livres. Sans aucun applaudissement des précédents auteurs victimes de sa petite entreprise, cela va sans dire.
Corinne Maier, auteure (2004-2008)
J’ai publié aux éditions Michalon un livre qui est devenu un best-seller (500 000 exemplaires vendus), Bonjour Paresse (2004). Je précise que s’il s’est si bien vendu, c’est à cause de la quatrième de couverture, qui annonçait que je travaillais à EDF : à la suite d’un problème d’organisation, ce texte ne m’a pas été communiqué avant parution.
Puis j’ai publié trois autres ouvrages chez eux, dont No Kid (2007), qui a été un succès (35 000 exemplaires vendus, 15 traductions). J’avais étalé le paiement de mes droits d’auteur, une pratique courante dans l’édition, et me croyais à l’abri du besoin. Hélas, j’ignorais que les comptes de Michalon étaient déficitaires depuis 2006. Les éditions étaient toujours dans les mêmes locaux de prestige, employaient toujours le même effectif salarié (nombreux au regard du nombre de livres publiés). J’ai fait la fortune de Michalon et ils ont fait ma ruine. La dernière facture que j’ai envoyée en 2008 n’a, bien sûr, pas été payée, et, de surcroît, les éditions m’ont baladé pendant des mois :
« Oui, ta facture on s’en occupe »,
« Ta facture ? Elle doit être sur le bureau d’Anne-Sophie »,
« Je te fais un virement dès lundi »,
« Tu sais pour l’édition indépendante c’est dur, mais on attend une rentrée d’argent, pas de souci. ».
À force d’enfumage, j’ai fait appel à un avocat, et c’est lui qui m’a annoncé que les caisses étaient vides et que j’avais été bernée. Michalon me doit très précisément 277 067,06 euros (montant communiqué par eux et validé par Maître Leloup-Thomas, représentant des créanciers au Tribunal de Commerce de Paris). Cet argent ne me sera jamais payé car le repreneur qui a racheté les éditions pour une bouchée de pain en 2009 n’a pas repris le passif. Non, le droit des affaires ne peut rien pour moi. Dorénavant, quand j’entends « édition indépendante », je sors mon revolver. Et quand j’entends « édition », j’appelle mon avocat.
Clément Maraud, correcteur (1995-1999)
J’ai exercé mon métier de correcteur d’imprimerie aux éditions Michalon du début de 1995 à la mi 1999. Puis il déménagea à la cloche de bois vers novembre, sans me communiquer sa nouvelle adresse. Il me devait alors l’équivalent d’une année de travail que je lui avais bien imprudemment avancée, et les prud’hommes me déboutèrent au prétexte que je n’étais pas salarié.
Désœuvré, je m’amusai à décrire les tares de ce pittoresque personnage qu’est Yves Michalon – et notamment l’arsenal des méthodes dont il s’était armé pour ne payer personne. Les événements ultérieurs et les michalonades des années 2000 m’ont donné, hélas, cent fois raison… Dix ans plus tard, je n’ai pas éprouvé le besoin de changer une virgule à mon texte. En mars 2010, je l’ai fait paraître, à mes frais, sous le titre Tirage de tête. Il faut croire que cela intéresse, puisqu’il se vend très bien sur le site Internet Touchalon.free.fr.
Frank Martin, auteur (2008)
J'ai signé un contrat de co-auteur chez Michalon et j'ai publié en septembre 2008 le Manuel de savoir-vivre en cas d'invasion islamique. C'était mon premier ouvrage mais aussi ma première rencontre avec le monde de l'édition. Dès la signature du contrat, j'ai eu une impression étrange quant au fonctionnement de cette maison d'édition – comparé aux entreprises que j'avais pu connaître, dans d'autres secteurs il est vrai.
Après la parution, j'ai participé à de rares séances de dédicace en librairie ou à des salons du livre. À ces occasions, d'autres auteurs m'avaient fait part de leurs doutes quant à la situation réelle des éditions Michalon, mais je n'y avaient prêté qu'une oreille distraite. A tort bien sûr, vu la suite, mais comment pouvaient-ils être mieux renseignés que moi sur la situation, notamment financière, d'un autre éditeur que le leur ? Et en toute rationalité, comment Michalon pouvait-il berner la co-auteure de mon livre alors qu'elle assurait son fonds de commerce depuis des années ? Mon livre a été un quasi-échec. La soudaine liquidation judiciaire des éditions Michalon m'a surpris et je n'ai pas reçu le moindre centime, ni même un seul relevé de ventes. Aussitôt, je n'ai pu m'empêcher de faire le lien entre le quasi-échec du livre, sa promotion discutable et la vraie situation michalonesque : des dettes, de l'opacité et, j'imagine aussi, une série de ruses pour les autres mécontents.
Massimo Nava, journaliste, auteur (2007)
En 2007, j'ai publié un livre aux éditions Michalon, Sarkozy, l'homme de fer. Je n'ai reçu aucune rétribution pour ce travail ni de droits d'auteur.
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